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Pascal LECOCQ peintre des plongeurs

Bonjour Pascal, pouvez-vous vous présenter ?

On m'a qualifié de peintre du bleu et des plongeurs... J'ai fait ma première expo en 1977 à Fontainebleau où je suis né en 1958. L'appel de la mer m'a entraîné vers la Normandie et Honfleur où j'avais ma galerie entre 90 et 2000 puis j'ai poursuivi ma conquête de l'Ouest en m'installant en Floride en 2001.

Je suis titulaire d'un Doctorat es Arts, et également scénographe et créateur de costumes pour l'opéra (Parsifal à Rouen en 1996, le Ring à Nantes en 92-95, Tosca, Traviata, …) et j'ai écrit de nombreux articles sur la technique de la peinture et du théâtre.

Pascal LECOCQ  « Corrida III » huile sur toile, 121 x 101 cm, 1993, coll. part.
« Corrida III » huile sur toile, 121 x 101 cm, 1993, coll. part.

Comment êtes-vous arrivé à peindre des plongeurs ?

J'ai toujours peint de grands fonds bleus, d'abord célestes et nuageux, puis sous-marins, avec souvent une ambiguïté ou une ambivalence de cette couleur bleue : mon désir est de montrer l'immensité de l'espace dans lequel je place des personnages, des animaux (beaucoup de chevaux), des éléments divers tels que des architectures, dans une composition et des proportions précisément calculées selon le nombre d'or.

C'est au cours d'une répétition de l'Opéra le "Vaisseau Fantôme" en 1985 auquel je participais en temps que scénographe que l'idée d'un tableau avec des hommes grenouilles musiciens m'est venue. En effet, des musiciens venant répéter s'installaient dans la fosse d'orchestre, sous "la mer" qui recouvrait le plateau !

Le personnage est vite devenu incontournable dans les histoires que je voulais peindre, parfait élément de mon monde imaginaire, surréaliste, symbolique.

Pascal LECOCQ « C’est par où le Vaisseau-Fantôme ? », huile sur toile, 81 x 65 cm, 1986, coll.part.
« C’est par où le Vaisseau-Fantôme ? », huile sur toile, 81 x 65 cm, 1986, coll.part.

Quel type de peinture réalisez-vous ?

La peinture d'imagination, surréaliste (mon papa en peinture c'est Salvador Dalí), dans le presque possible, juste à la limite, et de style photoréaliste (un casque Cabirol de 1860 a 12 boulons, pas 8 ou 9...).

A l'occasion de la réalisation de ma 800ème peinture j'ai écrit un texte expliquant ma technique :

http://www.pascal-lecocq.com/news/2009/pascal_lecocq_realisation800.pdf

Quelles sont vos sources d'inspirations ?

Images, musiques, films, conversations, paysages, lectures, les mots, pas de source définie car tout peut être prétexte à une idée de tableau. Je ne cherche jamais à faire quelque chose, je travaille uniquement sur des idées spontanées qui surgissent n'importe quand.

Combien de temps vous faut-il pour réaliser une peinture ?

Environ 18 mois, selon la taille. C'est dû à ma technique traditionnelle de la peinture à l 'huile. Je réalise une quinzaine de peintures en même temps.

Pas de reteuteu ni de vikinde pour moi.

Pascal LECOCQ « Cireur de pompe », huile sur toile, 41 x 31 cm, 2006.Pascal LECOCQ « Crevé encore ! », huile sur toile, 61 x 76 cm, 2002, coll, part.
« Cireur de pompe », huile sur toile, 41 x 31 cm, 2006. / « Crevé encore ! », huile sur toile, 61 x 76 cm, 2002, coll, part.

Vos clients sont-ils uniquement des plongeurs ?

Il est certain que j'ai particulierement axé mes expos dans le domaine de la plongée, mais des non-plongeurs apprécient le côté surréaliste... J'expose également mes oeuvres équestres, vénitiennes, grecques et symboliques à un autre public.

Exposant à travers le monde, votre public est-il le même ?

Il n'y a pas de frontières sous l'eau (comme le dit toujours mon papa en plongée Daniel Mercier) et tout le monde se comprend en utilisant le même langage. Pour la peinture, c'est presque pareil sauf que la culture de chaque pays diffère et permet une lecture différente de mon travail qui demande à chacun une interprétation. On ne voit pas la même chose à Okinawa, à Chicago ou à Paris, c'est l'intérêt de l'art de l'imagination.

Le plongeur et le matériel évoluent, cette évolution est-elle visible sur vos oeuvres ?

Ne connaissant rien à la plongée lors de mes premiers tableaux subaquatiques, mes seules références étaient les films de James Bond comprenant toujours des séquences sous-marines.

C'est pour cela que mes personnages ont des combi unies, des masques ronds. Je m'attache plus à représenter l'idée d'un plongeur qu'une image qui devrait s'accorder à la mode ou au matériel, donc être vite démodée et datée alors que j'essaie de faire quelque chose d'intemporel.

Quels sont vos projets futurs ?

Réaliser quelques uns des milliers de projets de tableaux qui s'accumulent tous les jours.... J'ai également à coeur de développer ma Fondation pour une éducation artistique et écologique auprès du jeune public. Le concours de dessin que je réalise entre autres durant le Salon de la plongée à Paris est une de mes actions.

Quel est votre plus mauvais souvenir de plongée ?

Pascal LECOCQMusee Williamsburg, Brooklyn, New York, en septembre 2003 pour une exposition surréaliste à laquelle je participais. Le vernissage était accompagné d'un bal surréaliste pour lequel j'avais revêtu ma combinaison de plongée (3mm heureusement, que m'avait taillée la société Katran, de Kiev en Ukhraine), masque et palmes, et une bouteille de plongée (fausse et gonflable heureusement).

Il fait très chaud à New York en septembre, il y avait du monde, il semble que c'était du dernier chic d'offrir de la choucroute (!) au buffet... bref je nageais dans des tonnes d'eau à l'intérieur de la combi...

Quel est le meilleur ?

9 mois d'apnée dans le ventre de ma mère.

Merci Pascal

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